La patrie dans la poésie de Nizar Qabbani (AR)

Auteurs

  • Oulèye NDIAYE Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal Auteur
  • Ousmane Ndiogou THIAW Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal Auteur

Mots-clés :

Nizar, Qabbani, Patrie arabe , Naksa, Révolution algérienne, Guerre civile libanaise , Damas

Résumé

En ces temps où Israël mène une guerre aveugle contre les pays arabes, tantôt par des attaques aériennes, tantôt par des bombardements terrestres – à Gaza, en Cisjordanie, à Beyrouth, à Damas, à Sanaa, à Doha… –, la poésie de Nizar Qabbani apparaît comme une réalité vivante. Son discours entre en résonance directe avec le présent vécu, et ne se contente pas de raconter un passé lointain. Cela est particulièrement vrai pour sa poésie consacrée au monde arabe, qu’il ne perçoit pas simplement comme une entité géographique, mais comme une patrie émotionnelle et humaine, liée à la liberté, à la dignité et à la beauté, qu’il exprime dans un langage poétique et politique audacieux. Pour lui, la patrie n’est pas seulement un lieu ; elle est, en essence, une femme, une mère, un rêve, une douleur. C’est le monde arabe dans son ensemble, avec toutes les problématiques politiques, populaires et sociales qui l’affectent. Nizar Qabbani fut l’une des voix poétiques les plus marquantes à défendre la Palestine, avec amertume et colère. La Palestine, dans ses poèmes, est une terre violée, un corps profané ; et le poète crie contre le silence arabe, la passivité et la lâcheté. Il a exprimé une critique acerbe de la défaite arabe dans son poème censuré « Marges sur le carnet de la défaite », publié en 1967 après la débâcle de juin. Il a également pleuré Jérusalem dans ses vers, notamment dans son célèbre poème « Jérusalem ». Il a salué la révolution algérienne comme un symbole de libération arabe. L’Algérie, à ses yeux, représente la femme qui s’est affranchie du colonialisme, en parfaite harmonie avec sa vision de la beauté et de la liberté. Il s’est concentré sur la figure de Djamila Bouhired, qui a tenu bon face à la torture et aux menaces en prison. Quant à Damas, ville natale du poète et son premier refuge, elle incarne pour lui la première patrie et la première mère. Il y revient toujours, rempli de nostalgie et de larmes. Sa poésie sur Damas mêle passion, enfance, 151 jasmin – et parfois tristesse politique. À Damas, politique et jasmin se confondent, souvenirs et nostalgie se mêlent. Son amour débordant pour Damas ne l’a pas empêché de formuler une critique sociale amère de la société damascène dans ses premiers poèmes. Cela nous ramène aux troubles politiques récents connus sous le nom de Guerre civile syrienne ou Crise syrienne, qui a commencé avec la révolution du peuple syrien en 2011 et s’est achevée avec la chute du président Bachar al-Assad en 2024. Quelle aurait été la position de Nizar s’il avait été témoin des événements récents en Syrie et des réalités de cette « Damas mère » ? Lui qui avait écrit pour la « bien-aimée Beyrouth » des poèmes d’amour et d’élégie, la considérant comme une femme, un paradis devenu à ses yeux une ville détruite par la guerre civile libanaise qui a eu lieu, entre 1975 et 1990, de son vivant.

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Publiée

08-07-2026

Comment citer

La patrie dans la poésie de Nizar Qabbani (AR). (2026). Revue Des Etudes Arabes Et Islamiques, 3, 147-192. https://rais.ucad.sn/rais/article/view/47